LEVY Jacques  

LÉVY Jacques

 

Jacques Lévy est géographe, professeur à l’École polytechnique fédérale de Lausanne et à l’Université de Reims. Il a reçu le prix international Vautrin-Lud 2018, qui est la plus haute distinction en géographie.


LEVY JacquesDernière publication

Théorie de la justice spatiale, Géographies du juste et de l'injuste, éditions Odile Jacob, 2018

Résumé

« France périphérique », « centres-villes en déshérence », « déserts médicaux »... Ces expressions font florès, témoignant d’un fait nouveau : la géographie s’est invitée dans le débat public et renouvelle le questionnement, central en démocratie, sur la justice.
À partir d’enquêtes faites auprès de citoyens européens, notamment en France, en Suisse et au Portugal, ce livre explore les enjeux de justice tels qu’ils se posent spatialement : les habitants choisissent-ils leur lieu de vie ou sont-ils assignés à résidence ? Doit-on répartir les services publics (éducation, santé...) en fonction du nombre d’individus ou de km2 ? Que signifie concrètement l’égalité des territoires ? Comment découper les villes et les régions pour qu’elles apportent davantage de justice ?
Ce livre ambitieux démonte bien des idées reçues sur le soi-disant abandon des territoires périurbains et la redistribution de l’argent public ou sur le rôle des « bobos » dans la mixité sociale. Il ouvre aussi un nouveau champ, celui de la géographie de la justice. En répondant à la question « Qu’est-ce qu’un espace juste ? », il revisite l’ensemble des conceptions de la justice en débat dans le monde, d’Aristote à John Rawls et Amartya Sen et propose une lecture profondément renouvelée des enjeux en réunissant des couples de notions souvent opposées : liberté/égalité, capacités individuelles/biens publics, justice/développement. Par la rencontre entre discours de philosophes et demandes des habitants, ce livre est aussi un outil opérationnel pour pour l’urbanisme et l’aménagement spatial contemporains. Enfin, il pose un principe fondamental : la définition du juste ne se décrète pas, c’est aux citoyens d’en délibérer.