Édition 2018

eric fottorinoPrésident du salon du livre 2018 : Éric FOTTORINO

En 1986 il entre au Monde comme journaliste, puis devient grand reporter (1995-1997), rédacteur en chef (1998-2003), chroniqueur (2003-2006) avant d’être nommé directeur de la rédaction en 2006 puis directeur du Monde jusqu’en 2011. Il a depuis créé le magazine Le 1. Eric Fottorino est aussi l’auteur d’une oeuvre de romancier commencée dès 1991 avec le très autobiographique Rochelle. Outre quelques essais (Le Festin de la terre, 1988, Prix du meilleur livre d’économie, La France en friches, 1989), il a publié une dizaine de romans.
Nouveauté : Dix-sept ans, éd. Gallimard, août 2018

 

La littérature nordique, une littérature de qualité

La littérature des pays du Nord de l’Europe (Danemark, Finlande, Islande, Norvège, Suède) invités du Festival International de Géographie 2018 est une découverte assez récente pour le lectorat français. Malgré un faible pourcentage de la production éditoriale traduite (moins de 5%), c’est une littérature riche de grands noms : Selma Lagerlöf (Voyage de Nils Olgerson), Knut Hamsun (La faim), Henrik Ibsen, August Strindberg… et sans cesse renouvelée.
Nous pouvons citer quelques-uns de nos contemporains : Jón Kalman Stefánsson Entre Terre et Ciel, Arto Paasilina Le lièvre de Vatanen, Sofi Oksanen Prix Femina étranger pour Purge, Katarina Mazetti et son best-seller Le mec de la tombe d’à côté, Herbjørg Wassmo…
Contrairement à la France, la littérature policière n’a jamais ou pratiquement jamais été rabaissée au statut de « littérature de gare »*, ces polars venus du froid alimentent les rayons des librairies depuis une bonne dizaine d’années avec Stieg Larsson et sa série Millenium, Henning Mankell et son héros l’inspecteur Kurt Wallander, Arnaldur Indridasen, Camilla Läckberg, Jo Nesbo, Gunnar Staalesen, Arni Thorarinsson… Pour ne citer que les plus emblématiques.

Certains seront présents ce week-end d’octobre. La maison d’édition Gaïa, éditeur invité d’honneur du Salon du Livre Amerigo-Vespucci nous envoie ses dignes représentants et non des moindres, Herbjørg Wassmo, norvégienne, grande dame de la littérature mondiale, auteur d’une oeuvre considérable traduite en de nombreuses langues et qui connaît un succès populaire exceptionnel. Elle est, en Scandinavie, l’écrivain mondial le plus lu, et Dina a pris place aux côtés des grandes héroïnes de la littérature. Gunnar Staalesen, norvégien, auteur de nombreux romans policiers et d’une trilogie historique intitulée le Roman de Bergen, aura l’occasion de présenter son nouveau polar Où les roses ne meurent jamais. Michael Enggaard, jeune journaliste danois, auteur d’un premier roman étonnant Le blues du boxeur et Steinunn Johannesdottir, islandaise, auteur d’un roman d’aventures basé sur des faits réels L’esclave Islandaise, seront du voyage. A leurs côtés, Olivier Truc, journaliste français, auteur du Dernier lapon et Arni Thorarinsson, auteur de polars islandais, compléteront le tableau.
Ils auront tous l’occasion de s’exprimer lors d’entretiens, de petits-déjeuners polars ou littéraires et signeront leurs ouvrages sous le chapiteau du Salon du Livre Amerigo-Vespucci.

Olivier Huguenot

 

*Thierry Maricourt, Dictionnaire du roman policier nordique, Encrage, 2010.

 

Engagés !

Enfants du XXe siècle, ils ont connu la chute du Mur, regardent le monde d’aujourd’hui avec la connaissance de l’histoire, et s’engagent chaque jour pour éveiller nos consciences. Ils seront présents au FIG.

Petit-fils d’Italiens antifascistes ayant fui en Tunisie puis à Oran, ce pied-noir, fils de tailleur, a découvert la France à 19 ans. Devenu médecin urgentiste, Raphael Pitti forme aujourd’hui des secouristes et des soignants à la médecine de guerre après avoir été médecin militaire, courant pendant 25 ans les conflits du globe, en Yougoslavie, au Liban, conseillé l’Otan et le ministère des affaires étrangères en matière de médecine de guerre. C’est en 2012 qu’il décide de se rendre en Syrie et découvre l’urgence de former des médecins. Aujourd’hui plus de 500 médecins syriens ont été formés grâce à son action.
Ses parents et ses grands-parents à lui étaient communistes, mais l’ukrainien Andreï Kourkov a choisi une autre couleur : l’écriture ! Insolent, sulfureux, passé par la censure de son pays, il est, depuis le succès du Pinguin (paru chez Liana Levi en 2000) traduit dans de nombreux pays. Avec ses fables animalières, il s’attaque au monde politique, posant un regard critique sur la Russie d’aujourd’hui. Il revient à la rentrée avec un livre sur l’ouverture des frontières en Europe. Illusion ou désillusion ? Un roman de l’ukrainien tres attendu en octobre !

Olivier Weber a lui aussi reçu le prix Albert Londres, ainsi que le prix Lazareff, le prix Mumm, le prix Joseph Kessel, le prix de l’Aventure, le prix spécial des Correspondants de guerre… La liste est longue pour cet Ecrivain–voyageur et grand reporter. Des études d’anthropologie et d’économie en poche, il part en Californie sur les traces de Jack London puis se lance dans le reportage, aux États-Unis, en Afrique et au Moyen-Orient, pour couvrir des conflits, la guerre en Afghanistan, le massacre de Tian An Men à Pékin, les insurrections de Birmanie… En 2008, il est nommé ambassadeur itinérant, chargé de la lutte contre la criminalité organisée. Aujourd’hui il court donc encore le monde pour la paix, mais aussi à la rencontre des gens, car s’il a choisi de voyager pour
son travail, c’est pour écouter les hommes du monde entier. Un engagé au grand coeur.

Sarah Polacci

 

Édition 2017

Lydie SalvayrePrésident du Salon du Livre 2017 : Lydie SALVAYRE

Fille de républicains espagnols, psychiatre et romancière, elle a obtenu le prix Goncourt pour Pas pleurer, un roman où se mêlent la voix de Georges Bernanos et le «fragnol» maternel. Cette langue maternelle qu’elle restitue pour dire l’intime est redécouverte, réinventée et intégrée à la sienne. Le livre est le récit picaresque d’une guerre rythmée par les monologues intérieurs d’une mère racontés par sa fille. Pendant un mois, la mère accompagnée par sa fillette avait marché nuit et jour depuis son village de Catalogne pour fuir le franquisme et gagner la France. C’était la retirada au cours de laquelle il fallait se jeter dans les fossés au moindre frémissement du ciel d’où plongeaient les bombes des avions franquistes, italiens et nazis. Le père était engagé dans les colonnes du général communiste Lister appelées à couvrir les populations civiles durant cette fuite exténuante. En février 1939, ils se sont retrouvés dans le camp de concentration d’Argelès avant de se perdre et de se retrouver pour ne plus se quitter au camp d’internement de Mauzac en Dordogne.

Elle est devenue psychiatre pour comprendre les symptômes d’un père en souffrance. Et cette profession a enrichi une expérience que reflète une belle écriture. Lydie Salvayre possède l’art subtil de saisir la parole de l’autre, de se couler en elle, de la mettre à bonne distance : ni procès-verbal, ni trahison.

C’est en 1990 que La déclaration attirait l’attention sur son ironie mordante, sa façon de retourner contre les dominants leurs propres mots. La puissance des mouches en 1995 et La Compagnie des spectres en 1997 illustraient la prise de parti de Lydie Salvayre en faveur des exploités de ce monde en y mêlant arrière-plan littéraire et échappée sur le roman familial : «La littérature ne peut rien face à la brutalité d’un huissier, écrivait-elle. On sent à quel point elle est un luxe pur, surcroît absolu, renvoyée à l’inefficacité sur le plan de la résistance au social. Pourtant l’héroïne, Rose, ne serait pas ce qu’elle est, aussi coléreuse, aussi rebelle, sans ses lectures.». Antoine Spire, journaliste

 

Édition 2016

Pierre AssoulinePrésident du Salon du Livre 2016 : Pierre ASSOULINE

Un juré Goncourt préside notre Salon du Livre

Pierre Assouline est au coeur de notre système littéraire : journaliste, enseignant à Sciences Po et en Suisse, conseiller de la rédaction du Magazine Littéraire, juré Goncourt, réalisateur de documentaires pour Arte, il est l’un des critiques littéraires les plus influents. Tout un chacun cite avec délectation son blog qui traite de la vie culturelle avec perspicacité et éclectisme : La République des livres. Il aime faire partager ses enthousiasmes de lecture et son pouvoir de critique est au service des meilleurs auteurs. Biographe quasi professionnel, il a consacré des livres à Gaston Gallimard, Albert Londres, Marcel Dassault, Georges Simenon ou Hergé. A Saint-Dié-des-Vosges, il discutera de ses derniers romans : Une question d’orgueil où il met en scène Georges Pâques : un homme qui exista réellement — si tant est que «réellement» puisse s’appliquer à un espion. Car Georges Pâques en fut un pendant vingt ans, avant d’être arrêté pour haute trahison en 1963, condamné puis gracié par Georges Pompidou en 1970. Cet homme, qui livra des documents de l’Otan aux Soviétiques, n’a rien d’un James Bond. C’est un discret, un fonctionnaire qui agit, affirma-t-il, par pacifisme, cherchant à éviter les effets d’une trop grande hégémonie des Etats-Unis. Ce qui est passionnant dans ce roman de Pierre Assouline, c’est l’enquête, les découvertes et les doutes de l’auteur. Assouline cherche à comprendre, suit les pistes, rencontre les gens, voyage, craint de s’égarer, s’arrime aux faits qu’il pose comme les pièces d’un puzzle prenant forme peu à peu. Comment l’orgueil peut-il pousser un homme à risquer sa tête ?

Golem est son plus récent roman : le champion d’échecs Gustave Meyer, personnage central de ce polar hybride, est une sorte de golem moderne. Le cerveau trafiqué par un ami neurochirurgien aux rêves transhumanistes, il voit ses capacités de mémoire décuplées. Quand sa femme meurt dans un accident de voiture, il devient le suspect numéro un. Polar avec en fond d’écran la Mitteleuropa dont le joueur d’échecs est nostalgique, ce livre est une fête de la langue et de l’humour. Antoine Spire, journaliste

 

Édition 2015

Tonio BenacquistaPrésident du Salon du Livre 2015 : Tonino BENACQUISTA

Ecrivain, scénariste, romancier, nouvelliste ou auteur de BD, il a toutes les cordes à son arc. Tonino Benacquista raconte des histoires de toutes sortes qu’il est impossible de lâcher quand on les commence... Il est l’as des «Il était une fois», le champion des policiers malins. C’est son expérience de couchettiste sur le Paris Venise qui lui a inspiré «La Madone des sleepings». Celle de gardien de musée «Trois carrés rouges sur fond noir». Chômeur en fin de droits, il a raconté comment squatter les fêtes et cocktails mondains dans «Les morsures de l’aube» et est revenu sur ses origines italiennes dans «La commedia des ratés» grand prix de la littérature policière il y a vingt ans. Plus récemment, il a abordé les questions métaphysiques avec «Quelqu’un d’autre» ou «Malavita» où il transportait un ex-caïd de la mafia en plein bocage normand. «Malavita encore» permettait de continuer ce jeu de questions sur la nature humaine, ses motivations, et ses angoisses. «Homo érectus» son plus récent roman nous emmène dans une société secrète où des hommes confient leurs déboires sentimentaux. Tonino Benacquista excelle dans cette peinture d’un univers de désenchantement, de consommation débridée, de démission des idéologies et d’individualisme érigé en dogme... Il sait comme personne questionner l’époque et ses moeurs.

 

Édition 2014

Alex Taylor

Président du Salon du Livre 2014 : Alex TAYLOR

Alex Taylor, né le 13 août 1957, est un journaliste et animateur de radio et de télévision britannique travaillant en France.

Il est connu dans ce pays pour avoir présenté l'émission Continentales au début des années 1990, compilation de journaux télévisés européens diffusés en version originale sous-titrée. 
Il a passé sa jeunesse à St Austell, aux Cornouailles en Angleterre.
Auparavant, dans les années 1980, il avait été l'un des membres fondateurs de la première version de la radio libre Fréquence Gaie entre 1981 et 1986. En 1984, il passe pour la première fois à France Inter, dans l'émission Télescopages de Philippe Meyer, pour ensuite animer quelques émissions quotidiennes, et des tranches de l'Oreille en coin. Lire la suite >>