FIG 2017

Le Thème de l'édition 2017 du Festival International de Géographie :

Territoires humains, mondes animaux

Le pays invité est : Afrique du Sud

 

 

Michel PastoureauPrésident du FIG 2017 - Michel PASTOUREAU

Michel Pastoureau, notre président, est historien médiéviste. Sa thèse portait sur le bestiaire héraldique du Moyen-Age. L’héraldique passait alors pour un sujet archaïque et les animaux pour un thème puéril qui n’intéressait pas les historiens.

Directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études, il y occupe depuis 1983 la chaire d’histoire de la symbolique occidentale. Il s’est vite affirmé comme le grand spécialiste
des couleurs, des animaux et des symboles.

Le 3 novembre 2010, il reçoit le prix Médicis essai pour son ouvrage Les Couleurs de nos souvenirs. Le ton libre de cette autobiographie chromatique témoigne de l’humanisme
et de l’indépendance d’esprit de son auteur.

En 2007, il avait consacré un gros livre à l’ours, sous titré «Histoire d’un roi déchu». Longtemps roi des animaux avant le lion, l’ours fut tantôt vénéré comme un dieu, tantôt comme un ancêtre de l’homme. La trace la plus ancienne de l’ours remonte à plus de 80 000 ans : il s’agit d’une sépulture humaine néandertalienne associée à celle d’un ours dans la grotte du Regourdou dans le Périgord. Au paléolithique supérieur, il y a 30 000 ans les hommes et les ours commencent à entretenir des relations de nature à la fois économique et symbolique ; l’ours sert peut-être de médiateur avec l’au-delà, ce qui en fait un adversaire irréconciliable de l’Eglise... Avec sa station debout, son goût pour la luxure, sa gourmandise, l’ours ressemblerait trop à l’homme appelé à dominer la bête en lui...

En 2015, Michel Pastoureau se consacre au cochon avec Le roi tué par un cochon. Pour lui, la royauté française a adopté la fleur de lys et le glorieux bleu pour effacer une tache de son histoire. En 1131, Philippe, fils aîné de Louis VI le Gros, meurt d’une chute de cheval provoquée par un vulgaire pourceau. Voilà une souillure qui explique les échecs de Louis VII, frère du défunt, et il faudra le secours de la Vierge pour permettre au roi d’échapper à la malédiction. Suivre Michel Pastoureau, c’est comprendre que «Les animaux aussi ont une histoire» comme il titre une grande émission sur France Culture.

 

Antoine Spire, journaliste

 

 

Jean Claude GuillebaudGrand Témoin 2017 - Jean-Claude GUILLEBAUD

Notre grand témoin Jean-Claude Guillebaud est un baroudeur qui a fait du reportage de fond tout autour de la planète. Prix Albert-Londres en 1972, il a travaillé au Monde puis au Nouvel Observateur et a dirigé Reporter sans frontières, ONG qui se donne pour objectif de défendre la liberté de la presse et la protection des sources des journalistes. Aujourd’hui, éditorialiste à La Vie, il lui est arrivé de mener une grande enquête sur le «désarroi contemporain» en interrogeant les travaux des penseurs de toutes disciplines dans le dessein de saisir les métamorphoses des civilisations. A la recherche de ce qui fonde la «modernité métisse», il nous appelle, non seulement à partager les richesses de la planète, mais aussi la modernité elle-même. Guillebaud voit dans le contact parfois violent des cultures une promesse salutaire et un engagement à cheminer vers le multiple, le créole, et le nomade. On trouve là le fruit de l’optimisme lucide de Guillebaud. Se réclamant de l’espérance, notre journaliste fait sienne la belle phrase de l’Allemand Hans-Magnus Enzensberger : «La peur n’est pas une vision du monde». Pour lui, la vraie force se trouve au coeur de la fragilité. Il faut savoir parler vrai et accepter d’avouer que l’on a eu des blessures, et vécu des tragédies... Le monde reste à améliorer puisque, en nous détournant des mythes rassembleurs, de tous les grands desseins collectifs, nous avons forgé des utopies de substitution qui ne sont que techniques. On ne peut pas laisser l’univers aux seuls puissants, il faut contribuer à sa transformation.

Tels sont les thèmes abordés dans son livre le plus récent : La foi qui reste (L’Iconoclaste). A l’occasion de la publication de son Comment je suis redevenu chrétien, il écrivait : «Ma démarche ne participe ni de l’effusion mystique, ni de la nostalgie, ni même de la quête spirituelle, comme on dit maintenant. C’est d’abord la raison qui me guide. Par elle, je me sens peu à peu ramené au christianisme. Je ne suis pas sûr d’être redevenu un “bon chrétien”, mais je crois profondément que le message évangélique garde une valeur fondatrice pour les hommes de ce temps. Y compris pour ceux qui ne croient pas en Dieu. Ce qui m’attire vers lui, ce n’est pas une émotivité vague, c’est la conscience fondamentale de sa pertinence.».

Face aux bouleversements de notre planète, qu’en reste-t-il ?

 

Antoine Spire, journaliste

 

 

Lydie SalvayrePrésidente du Salon du Livre 2017 - Lydie SALVAYRE

Fille de républicains espagnols, psychiatre et romancière, elle a obtenu le prix Goncourt pour Pas pleurer, un roman où se mêlent la voix de Georges Bernanos et le «fragnol» maternel. Cette langue maternelle qu’elle restitue pour dire l’intime est redécouverte, réinventée et intégrée à la sienne. Le livre est le récit picaresque d’une guerre rythmée par les monologues intérieurs d’une mère racontés par sa fille. Pendant un mois, la mère accompagnée par sa fillette avait marché nuit et jour depuis son village de Catalogne pour fuir le franquisme et gagner la France. C’était la retirada au cours de laquelle il fallait se jeter dans les fossés au moindre frémissement du ciel d’où plongeaient les bombes des avions franquistes, italiens et nazis. Le père était engagé dans les colonnes du général communiste Lister appelées à couvrir les populations civiles durant cette fuite exténuante. En février 1939, ils se sont retrouvés dans le camp de concentration d’Argelès avant de se perdre et de se retrouver pour ne plus se quitter au camp d’internement de Mauzac en Dordogne.

Elle est devenue psychiatre pour comprendre les symptômes d’un père en souffrance. Et cette profession a enrichi une expérience que reflète une belle écriture. Lydie Salvayre possède l’art subtil de saisir la parole de l’autre, de se couler en elle, de la mettre à bonne distance : ni procès-verbal, ni trahison.

C’est en 1990 que La déclaration attirait l’attention sur son ironie mordante, sa façon de retourner contre les dominants leurs propres mots. La puissance des mouches en 1995 et La Compagnie des spectres en 1997 illustraient la prise de parti de Lydie Salvayre en faveur des exploités de ce monde en y mêlant arrière-plan littéraire et échappée sur le roman familial : «La littérature ne peut rien face à la brutalité d’un huissier, écrivait-elle. On sent à quel point elle est un luxe pur, surcroît absolu, renvoyée à l’inefficacité sur le plan de la résistance au social. Pourtant l’héroïne, Rose, ne serait pas ce qu’elle est, aussi coléreuse, aussi rebelle, sans ses lectures.».

 

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Antoine Spire, journaliste

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