L'équipe ADFIG

Le Festival International de Géographie est co-organisé par la ville de Saint-Dié-des-Vosges et par l'ADFIG, l'Association pour le Développement du FIG.

Cette association est indépendante de la ville et de toute autre institution. Elle est sans but lucratif. Les services de la ville et des centaines de personnes bénévoles s'impliquent chaque année dans la concrétisation et le développement du Festival !

 

Le bureau de l'ADFIG

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88107 Saint-Dié-des-Vosges cedex
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Christian PierretChristian PIERRET

Citadins ou résidant dans le monde rural, nous vivons et nous travaillons sur les territoires de notre quotidien qui nous paraissent bien transformés et nous les percevons de plus en plus comme participant d’un espace-temps qui va se rétrécissant : la mobilité moderne, du TGV à l’Airbus380 et aux métros à sustentation magnétique, est organisée techniquement pour réduire les distances afin d’augmenter la productivité du travail en termes de création de valeur économique. L’impression 3D bouleverse la vitesse de conception, de fabrication, d’entretien de maintenance, des outils et machines, des systèmes productifs. Le rendement économique sous toutes ses formes devient la mesure de toutes choses et donne une sorte de définition approchée de «la modernité». Pour certains, un Paul Virilio par exemple, la vitesse prônée partout pour tout, «réduit le monde à rien» puisque rien n’existe qui ne change ou ne soit dépassé immédiatement.

Ce nouveau paradigme de société, «le tout va vite», ressenti le plus souvent, comme «le tout va TROP vite» est issu, certes, d’une succession de découvertes scientifiques et de ruptures technologiques contemporaines (l’instantanéité et l’ubiquité de l’électron et du photon, la souplesse infinie de l’Internet, les avancées de l’électronique, etc.) mais il doit son succès à trois facteurs sociétaux :
- la mondialisation qui rationalise les formes d’organisation économique à l’américaine, tandis qu’elle standardise progressivement les cultures et les «visions du monde», dans le modèle social exclusif du rendement, de la rentabilité, du court terme pour converger dans un système unique de valeurs qui définissent dans le monde entier la norme de la performance.
- la complexité des liens sociaux qui ne peuvent délier la complexité de leurs réseaux que dans une réponse technique qui privilégie l’instantané, c’est-à-dire la négation de l’espace.
- la dématérialisation,de l’économie, bien sûr, par le retrait de ce qui est matériel derrière ce qui est financier, mais aussi par la généralisation ,au quotidien, du virtuel, de l’immatériel et, surtout de l’éphémère : c’est le triomphe de l’information et de la communication qui changent dès qu’elles s’énoncent. «Le futurisme de l’instant», un moment chassant l’autre, le flux à haute fréquence de l’information s’imposant à la télévision comme à la Bourse.

Année après année un «I Pad» en chasse un autre ; on zappe la dernière technique à la mode à un rythme effréné de 18 mois environ... L’obsolescence est la loi d’airain de la nouvelle modernité, le jetable en est le carburant.

Un monde qui va vite est donc bien la forme de société et de mode de vie que nous forgeons. Qui dit «société» évoque vie de la cité et donc «politique» : une technique de la politique qui ne peut que se réduire et s’appauvrir en une politique de la technique.

Christian Pierret,
Président Fondateur du FIG

 

Gilles FumeyGilles FUMEY

Dans l’histoire du monde, l’accélération des rythmes est pensée comme l’entrée dans la modernité. Trains, fusées, mails, ordres de bourse fusent comme des objets qui se faufilent dans nos espaces rugueux. Ils donnent l’impression que le temps nous échappe. Submergés d’objets et de messages, nous ne saurions plus où donner de la tête. Nous aurions perdu la géographie.

Pour Michel Lussault, cette accélération donnerait le sentiment d’un escamotage de l’espace. Bien entendu, c’est une illusion ! L’écart entre l’espace que nous imaginons se rétrécir et la réalité de ces espaces résistant à nos subterfuges accroît notre perplexité. Durant le festival, les géographes vont se saisir du point d’interrogation posé par la question : le monde va-t-il si vite ?

Si l’accélération du temps change notre perception de l’espace, alors il faut réfléchir aux mécanismes qui font que nous croyions nous débarrasser de ses rugosités. Pourquoi subitement une montagne deviendrait-elle un obstacle alors qu’elle peut en même temps symboliser le paradis et l’immobilité ? Yves Lacoste avait une astuce qui était de dire : quand on change d’échelle, on change de point de vue. C’est sans doute un peu compliqué. Nous construisons bien des représentations de l’espace pour avoir envie de nous défaire de ce qui nous gêne à certains moments, notamment le franchissement de la distance.

Ainsi donc, les rythmes de notre monde s’emballent mais le monde changerait à la marge. La géographie est plus que nécessaire pour comprendre cela.

Gilles Fumey,
professeur à l’université Paris-Sorbonne, président de l’ADFIG

 

 

Olivier Huguenot

Vice-président
Olivier HUGUENOT

Etienne Humbert

Vice-président
Etienne HUMBERT

Jacqueline Fresse

Secrétaire
Jacqueline FRESSE

Michele Lemaitre-Jacquot

Projets et Animations
Michèle LEMAITRE-JACQUOT

Michel Marchal

Trésorier
Michel MARCHAL