Vitrines de la Géographie - 2017

Programme des projections

Cette vitrine « Films de géographes » met à l’honneur le travail des géographes qui troquent le stylo pour la caméra et qui analysent, grâce au cinéma, les transformations des paysages et des sociétés. Les films documentaires ainsi réalisés – objets artistiques autant que scientifiques – explorent de nouvelles formes d’écriture et ouvrent de nouveaux territoires pour la géographie et les géographes.

Coordination de la vitrine : Yann Calbérac (Université de Reims Champagne-Ardenne)

 

Vendredi 29 septembre

Projection décentralisée à Raon-L’Etape à 20 h 30

  • Emmanuel Cano et Marie Redon, Demain est un secret (Bety et les coqs), 72 minutes (+ débat)

Résumé : Les combats de coqs sont une pratique très ancienne dans l’île de Timor. On les trouve sur des peintures rupestres plusieurs fois séculaires. Ils font partie intégrante de l’identité timoraise. A côté de cette pratique, toute une palette de jeux d’argent s’est progressivement développée pour former tout un pan de la sociabilité timoraise. Corrélées à la construction de l’Etat, des régulations sur les jeux sont peu à peu mises en place à la fois pour tirer des subsides de ce secteur d’activité lucratif et le contrôler. Il est ainsi question d’interdire les combats de coqs dans la capitale, Dili. En suivant, perdant puis retrouvant Bety, une réalisatrice et comédienne timoraise, le documentaire donne à lire les mutations à l’œuvre au Timor Oriental à travers l’évolution des jeux d’argent, omniprésents. Ces jeux sont à la croisée d’un ancrage rural hérité et d’une projection dans l’aire asiatique globalisée. Ils cohabitent dans un contexte où, depuis l’indépendance du pays en 2002 et l’afflux des revenus pétroliers, les changements sont très rapides, ce qui est visible dans les rues de Dili où de nouveaux bâtiments sortent de terre. « C’est global. Les gens changent. Les nations changent... »

Projection et débat à l'amphithéâtre de l'InSIC à 20 h

  • Marie Chenet, Entre chien et loup, 24 minutes

Résumé : Un territoire sans bornes, des moutons, des chiens, un berger et le loup. Une « guerre » quotidienne entre les réalités d'un élevage séculaire et les nouvelles représentations urbaines de la nature.

  • Christophe Baticle, Habiter la baie de Somme au travers de la chasse, 32 minutes

Résumé : Ce film s’inscrit dans la géographie sociale et cherche à apporter une pierre en vue de répondre à cette question problématique : comment mettre un concept en images ? Habiter, qui se propose de ne pas seulement considérer le monde comme en cours de changement, notamment sous les effets de la globalisation, mais également à montrer comment les individus se construisent en bâtissant ce monde, leur monde. Il s’agit ainsi de travailler les modalités de l’habiter comme un concept opératoire, afin de mettre en relation un espace, ses habitants et les cohabitations plus ou moins conflictuelles qui s’y observent. La vision de l’espace implique, de ce fait, un travail de spacing et de synthétisation, dont nous tentons la mise en visibilité. La porte d’entrée retenue concerne, pour ce film, l’investissement des chasseurs de gibier d’eau de la Baie de Somme dans leur pratique. Connus, jusqu’au Québec, pour compter parmi les « hommes en kaki » les plus déterminés à faire de ces espaces des fiefs revendicatifs, ici une « baie des chasseurs », ils surenchérissent régulièrement dans le traditionalisme en parlant de leur « passion » comme d’une « religion » (sic.). Aussi, si « not’Baie » est appréhendée à la manière d’une maîtresse pour laquelle tous les sacrifices, y compris professionnels, sont consentis, la « magie » dont ils se disent habités étant également le produit de leur travail de magiciens. Nous avons choisi de retenir ce qui apparaissait comme le trait saillant de l’enquête menée sur le terrain, à savoir la dimension profondément socio-territoriale de leur engagement, confinant à l’élaboration d’un discours identitaire. Dans ce sens, l’animal, ici les anatidés migrateurs, sont les médiateurs de l’investissement dans l’espace naturel, en réalité issu d’un long travail anthropique. Pour nous, l’essentiel était donc de traiter autant de la vie sociale que de la pratique elle-même, laquelle ne prend son sens que dans et par les activités du quotidien sur le territoire.

  • Farouk Temine, Interroger la coexistence entre Hommes et mammifères sauvages : l’exemple du Hérisson, de la Fouine et du Renard dans la métropole du Grand Paris, 12 minutes

Résumé : De nombreux programmes et études scientifiques attestent la présence d’une biodiversité importante en milieu urbain, et les politiques publiques qui y sont mises en œuvre, en matière d’urbanisme, d’aménagement et de participation citoyenne, intègrent des objectifs de son renforcement. Parmi cette biodiversité, trois espèces de mammifères sauvages, le Hérisson commun, la Fouine et le Renard roux, se démarquent dans la mesure où leur présence s’accompagne d’enjeux notables. Ces enjeux sont culturels, à la fois parce qu’ils renvoient à des représentations sociales et à des appréciations individuelles et/ou collectives diverses et déterminantes dans les rapports que les citadins entretiennent avec la biodiversité, mais également car la présence de ces animaux sauvages en ville peut s'accompagner de conflits entre humains ainsi qu’entre humains et non humains. Ces enjeux sont aussi sanitaires, car ces espèces sont porteuses de maladies transmissibles aux Hommes et à leurs animaux de compagnie. Menée par une doctorante du Laboratoire d’Excellence « Dynamiques Territoriales et Spatiales » (LabEx DynamiTe), cette thèse vise à interroger ces relations Homme/biodiversité, dans l’environnement particulier que constitue la ville, au moyen d’une approche géographique. Au regard de la forte densité de population dans la métropole du Grand Paris, leur présence soulève de nombreux questionnements inhérents à la gestion de la biodiversité en milieu urbain. Ce film, réalisé par l’équipe du LabEx DynamiTe, suit ce travail qui s’articule autour de 5 axes de recherches : (1) L'analyse des dynamiques spatiales des trois espèces étudiées ; (2) les enjeux sanitaires relatifs à la proximité Homme-animal sauvage dans l'espace urbain ; (3) le recensement des pratiques des citadins vis-à-vis de ces animaux et des représentations ainsi qu’appréciations qui les sous-tendent et (4) les systèmes d’acteurs impliqués dans la gouvernance de ces espèces (acteurs publics, associatifs, habitants etc.).

  • Thibaut Sardier, Point G : l’effet bœuf sur la géo, 5 minutes

Résumé : Quand les animaux passent à la casserole, ils deviennent les marqueurs de l’alimentation humaine et influencent l’évolution des modèles agricoles dans le monde entier. D’un côté, donc, on peut adapter un célèbre adage : « Dis-moi comment tu manges, et je te dirai qui tu es, ou qui tu veux être ». La consommation de viande est en effet un marqueur social, surtout si l’on s’intéresse dans le détail aux espèces animales consommées. De l’autre côté, on trouve les conséquences environnementales, commerciales et géopolitiques. « Point G » propose d’aborder ces enjeux en s’intéressant à l’Asie, et à ses deux « géants » : la Chine et l’Inde. Derrière l’enjeu de fournir une alimentation à plus de deux milliards de personnes au total, à l’heure de l’occidentalisation (partielle) des modes de vie, on montrera des trajectoires distinctes : si la consommation de viande a effectivement beaucoup augmenté en Chine, l’Inde semble maintenir une alimentation faiblement carnée, ce qui n’empêche pas de constater des changements nets.

 

Samedi 30 septembre

Projection et débat à l'amphithéâtre de l'InSIC à 20 h

  • Emmanuel Cano et Marie Redon, Demain est un secret (Bety et les coqs), 72 minutes (+ débat)

Résumé : Les combats de coqs sont une pratique très ancienne dans l’île de Timor. On les trouve sur des peintures rupestres plusieurs fois séculaires. Ils font partie intégrante de l’identité timoraise. A côté de cette pratique, toute une palette de jeux d’argent s’est progressivement développée pour former tout un pan de la sociabilité timoraise. Corrélées à la construction de l’Etat, des régulations sur les jeux sont peu à peu mises en place à la fois pour tirer des subsides de ce secteur d’activité lucratif et le contrôler. Il est ainsi question d’interdire les combats de coqs dans la capitale, Dili. En suivant, perdant puis retrouvant Bety, une réalisatrice et comédienne timoraise, le documentaire donne à lire les mutations à l’œuvre au Timor Oriental à travers l’évolution des jeux d’argent, omniprésents. Ces jeux sont à la croisée d’un ancrage rural hérité et d’une projection dans l’aire asiatique globalisée. Ils cohabitent dans un contexte où, depuis l’indépendance du pays en 2002 et l’afflux des revenus pétroliers, les changements sont très rapides, ce qui est visible dans les rues de Dili où de nouveaux bâtiments sortent de terre. « C’est global. Les gens changent. Les nations changent... »

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